pauvre des mendiants. Mille grâces, chère amie, pour l'ouvrage que vous m'envoyez, et qui fait si grande fureur chez vous. Cependant, puisque vous me dites qu'au milieu de plusieurs bonnes choses il y en a d'autres que la faible conception humaine ne peut atteindre, il me paraît assez inutile de s'occuper d'une lecture inintelligible, qui par la même ne pourrait être d'aucun fruit. Je n'ai jamais pu comprendre la passion qu'ont certaines personnes de s'embrouiller l'entendement, en s'attachant à des livres mystiques qui n'élèvent que des doutes dans leurs esprits, exaltent leur imagination et leur donnent un caractère d'exagération tout à fait contraire à la simplicité chrétienne. Lisons les Apôtres et l'Evangile. Ne cherchons pas à pénétrer ce que ceux-là renferment de mystérieux, car, comment oserions-nous, misérables pécheurs que nous sommes, prétendre à nous initier dans les secrets terribles et sacrés de la Providence, tant que nous portons cette dépouille charnelle qui élève entre nous et l'Eternel un voile impénétrable? Bornons nous donc à étudier les principes sublimes que notre divin Sauveur nous a laissé pour notre conduite ici-bas; cherchons à nous y conformer el à les suivre, persuadons-nous que moins nous donnons d'essor à notre faible esprit humain et plus il est agréable a Dieu, qui rejette toute science ne venant pas de Lui; que moins nous cherchons à approfondir ce qu'il Lui a plu de dérober à notre connaissance, et plutôt Il nous en accordera la découverte par Son divin esprit.
Mon père ne m'a pas parlé du prétendant, mais il m'a dit seulement qu'il a reçu une lettre et attendait une visite du prince Basile. Pour ce qui est du projet de mariage qui me regarde, je vous dirai, chère et excellente amie, que le muriage, selon mói, est une institution divine à laquelle il faut se conformer. Quelque pénible que cela soit pour moi, si